Adoration des bergers – École flamande, atelier de Cornelis de Baellieur (1607–1671)

Huile sur panneau parqueté. Ecole flamande de la fin du XVIIe siècle.

Notre composition met en scène l’Adoration des bergers, épisode de la Nativité dont il est le prologue. L’Evangile selon Luc (2, 7) est laconique sur le sujet : « Marie enfanta un fils et le coucha dans une crèche parce qu’il n’y avait pas de place pour elle à l’auberge ». Ce thème se développe essentiellement à partir de la Renaissance, la Vierge y est représentée agenouillée devant l’Enfant, celui-ci reposant sur une botte de paille, entouré de l’âne et du bœuf, Joseph veillant sur eux. Des bergers ayant reçu l’annonciation du divin évènement viennent compléter le tableau et rendre leur hommage.

Cette peinture d’une grande douceur offre au spectateur le déroulé d’une scène intime où les bergers viennent déposer leurs modestes présents au fils de Dieu sur terre. L’annonciation leur est faite par un ange portant un phylactère qui vole dans le ciel près du château (partie supérieure gauche). Au-dessus de la crèche, à l'exacte verticale de l’Enfant, le Père émerge dans une lumière diaphane au milieu des anges, avec l’Esprit-Saint symbolisé par la colombe, exprimant ainsi la Sainte Trinité. Le décor bucolique conjugué à l’intensité des bleus et des verts confère une impression onirique à l’ensemble.

Notre itération de l'Adoration des bergers est à rapprocher de la production anversoise du XVIIe siècle. Sur le plan de la composition générale, notre version s’apparente en partie à celle de Hieronymus Francken II (1578-1623) conservée à Manchester. En effet, le paysage en arrière-plan offre une palette chromatique analogue, avec l’emploi dans les deux cas d’un vert aux reflets bleutés. Les deux versions présentent également dans les marges de la composition des éléments antiquisants : des temples bordent la droite du tableau chez Francken II alors que notre version complète la modeste crèche par des arcs antiques en plein cintre superposés à la manière d’un viaduc. Cornelis de Baellieur (1607-1671) s’inscrit dans une démarche analogue à celle de Francken II, tendant à réduire le nombre de protagonistes pour conférer une dimension plus intime à la scène. Ces représentations plus humbles coïncident avec la croissance de la peinture de genre à partir du XVIe siècle, le goût pour les Pastorales contribuant à maintenir durablement ce thème dans l’art chrétien.

 

Nous avons choisi de vous présenter cette peinture dans un cadre à casseta en bois noirci de style.

Dimensions : 56,5 x 48,5 cm – 62 x 54 cm avec le cadre

Cornelis de Baellieur (1607 - 1671) commence son apprentissage chez Anton Lisaert à seulement dix ans. Neuf ans plus tard, il est reçu maître à la guilde de saint Luc à Anvers, dont il est le doyen de 1644 à 1645. Son travail est marqué par la représentation habile de petits sujets détaillés qu’il traite avec un soin particulier. Une peinture de cabinet conservée au Louvre, seul travail daté et signé de l’artiste, témoigne du caractère méticuleux de Baellieur. Influencé par Frans Francken II (1581-1642), il travaille un temps dans son atelier et se comporte souvent en imitateur et rival de celui-ci. Cet apport de Francken se retrouve tout particulièrement dans les sujets bibliques. Il s’en distingue toutefois dans sa manière de traiter les figures humaines auxquelles il confère des visages poupins.

 

Bibliographie :

  • HÄRTING, UrsulaGrove Art Online, 2003 [en ligne] Consulté le 15 février 2022.

  • KELLY, F. M., « A gallery picture by Cornelis de Baellieur », , Vol. 36, No. 207 (Jun., 1920), pp. 293-295, 299.

  • SPETH-HOLTERHOFF, S., , Bruxelles, Elsevier, 1957, pp. 67, 116–21.

7 800 €